Date: février 18, 2026
Le Cadre mondial pour la biodiversité (CMB) de Kunming-Montréal reconnaît que des résultats durables en matière de conservation ne peuvent être obtenus sans les droits, le leadership et les connaissances des peuples autochtones, des peuples afro-descendants et des communautés locales. Ce rapport évalue les cadres juridiques et les stratégies en matière de biodiversité de 30 pays à forte biodiversité en Afrique, en Asie et en Amérique latine afin d’évaluer les progrès accomplis vers une conservation fondée sur les droits et menée par les communautés. Les résultats montrent à la fois des opportunités notables et des lacunes persistantes qui devront être saisies ou comblées si les pays veulent tenir la promesse du GBF.
Dans de nombreux endroits, les communautés qui gèrent les terres, les forêts et les rivières depuis des générations ne bénéficient toujours pas de la reconnaissance juridique et des protections qu’elles méritent.
Nous identifions six opportunités qui devraient être saisies si les pays veulent atteindre les objectifs 30×30 du Cadre mondial pour la biodiversité :
- Reconnaître les terres et les territoires des communautés : les États doivent garantir les droits fonciers des communautés et respecter leurs priorités en matière de conservation, tout en veillant à ce que les lois et les politiques nationales de conservation ne diluent, ne contredisent ou ne prévalent pas sur ces protections.
- Reconnaître les territoires autochtones et traditionnels (ITT) comme une voie distincte de conservation : les États devraient mettre en place les mécanismes nécessaires pour inclure et signaler les ITT dans les zones de conservation reconnues au niveau national dans le cadre de l’objectif 3 du GBF.
- Reconnaître le FPIC : les pays doivent garantir des droits clairs et applicables au FPIC et une participation significative tant dans la loi que dans la pratique.
- Garantir l’égalité des droits des femmes : les pays doivent réformer toutes les lois et politiques applicables afin de garantir explicitement l’égalité des droits des femmes en matière de participation à toutes les décisions relatives à la conservation, y compris les droits des femmes à l’adhésion, au vote et au leadership au sein des communautés.
- Veiller à ce que les stratégies et plans d’action nationaux pour la biodiversité (SPANB) suivent une approche fondée sur les droits : les SPANB doivent être élaborés et mis en œuvre en partenariat avec les communautés afin de garantir le respect de leurs droits dans toutes les cibles nationales ; cela inclut des cibles mesurables pour la conservation menée par les communautés afin de réaliser les objectifs de la cible 3.
- Combler le fossé entre la politique et la mise en œuvre : les réformes législatives et politiques fondées sur les droits doivent être soutenues par des actions concrètes afin de combler le fossé entre la loi et la pratique.
Ces actions sont importantes. Sans droits fonciers garantis et sans protections juridiques solides qui soutiennent et reconnaissent la conservation menée par les communautés, les États risquent de répéter les erreurs du passé et de déplacer des communautés au nom de la protection de la nature.
Presque tous les pays étudiés disposent de voies juridiques potentielles pour la conservation menée par les communautés. Ce qu’il faut maintenant, c’est une volonté politique, des investissements et des partenariats.
https://doi.org/10.53892/YBAX4620