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Les communautés locales ont obtenu une représentation plus efficace lors de la COP30, mais continuent d’exiger une reconnaissance officielle en tant que parties prenantes clés au sein de la CCNUCC
Rights and Resources Initiative

Les communautés locales d'Amérique latine, d'Afrique et d'Asie ont réalisé des progrès importants pour accroître leur représentation effective dans les négociations et les politiques mondiales sur le climat lors de la 30e Conférence des Nations unies sur les changements climatiques qui s'est récemment achevée.

09 .12. 2025  
6 minutes de lecture
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Les communautés locales d’Amérique latine, d’Afrique et d’Asie ont réalisé des progrès importants en renforçant leur représentation effective dans les négociations et les politiques mondiales sur le climat lors de la 30e Conférence des Nations unies sur les changements climatiques qui vient de s’achever, notamment en lançant le Forum mondial des communautés locales sur le changement climatique (GFLCC). Cependant, la reconnaissance concrète de ces communautés en tant que parties prenantes dans le cadre de la CCNUCC est restée une occasion manquée.

Official launch of the Global Forum of Local Communities on Climate Change at COP30 in Belém, Brazil. Credits: Lucas Wasson for Rights and Resources Initiative, 2025.
Lancement officiel du Forum mondial des communautés locales sur le changement climatique lors de la COP30 à Belém, au Brésil. Crédits : Lucas Wasson pour l’Initiative des droits et ressources, 2025.

« Le Forum mondial des communautés locales vient d’être lancé à Belém avec une structure de gouvernance composée de représentants de trois continents : l’Afrique, l’Amérique latine et les Caraïbes, et l’Asie, » a déclaré Cécile Bibiane Ndjebet, présidente et fondatrice du Réseau des femmes africaines pour la gestion communautaire des forêts (REFACOF). « Cela démontre la capacité des groupes communautaires locaux à s’auto-organiser, leur détermination à faire entendre leur voix et à faire valoir leurs droits dans tous les mécanismes de la CCNUCC. La Convention peut désormais compter sur des représentants qui parleront et agiront au nom de toutes les communautés locales à travers le monde. »  

Les communautés locales sont actuellement reconnues par le système des Nations unies à travers la Plateforme des communautés locales et des peuples autochtones (LCIPP), mais elles ne disposent pas d’un cadre dédié à leur participation ou à leur dynamique d’auto-organisation. La GFLCCC s’efforcera de lever les obstacles systémiques auxquels ces communautés sont confrontées pour protéger et gérer leurs territoires et leurs droits. Cette initiative fait suite à des années de plaidoyer et de dialogue concertés soutenus par l’Initiative des droits et ressources (RRI), le plus grand réseau de solidarité et coalition au monde regroupant des peuples autochtones, des communautés locales, des peuples afro-descendants et leurs alliés. 

Crédits : Association des communautés forestières du Petén (ACOFOP) et Alliance mésoaméricaine des peuples et des forêts (AMPB). 

Gustavo Sánchez, président de Red MOCAF, un réseau d’organisations forestières communautaires au Mexique, et membre du conseil de direction de l’Alliance mésoaméricaine des peuples et des forêts (AMPB), a déclaré : « Lors de la COP30, les parties ont convenu de poursuivre les consultations et les discussions sur la manière d’ouvrir des espaces de participation aux communautés locales, mais le véritable progrès réside dans la création d’un espace de coordination entre les communautés locales du monde entier, et je tiens à dire que nos frères et sœurs des organisations communautaires traditionnelles du Brésil ont été d’excellents hôtes et ont énormément contribué à la réalisation de cet objectif. » 

Qui sont les « communautés locales » ?  

Le terme « communautés locales » désigne les groupes qui détiennent et utilisent collectivement un territoire et des ressources en vertu de systèmes coutumiers ou juridiques, mais qui ne s’identifient pas comme autochtones. Cette année, les organisations du GFLCCC ont approuvé des critères d’auto-identification pour ces communautés, qui comprennent notamment l’existence de liens territoriaux collectifs, la pratique d’une gouvernance communautaire et le partage d’une ascendance et de systèmes de connaissances qui déterminent leurs moyens de subsistance, la conservation de la biodiversité et des pratiques culturelles distinctes qui ne dépendent pas d’une reconnaissance officielle par l’État. 

Femmes d’une communauté forestière à l’extérieur de Katmandou, au Népal. Crédits : Asha Stuart pour l’Initiative des droits et ressources, 2025. 

Outre le lancement de leur propre proposition d’espace politique permanent dans le cadre des négociations sur le climat, les dirigeants des communautés locales se sont rendus à la COP avec une série de revendications afin de continuer à s’affirmer en tant que détenteurs de droits, gardiens/gardiennes de la biodiversité et acteurs/actrices essentiels dans les solutions climatiques basées sur les territoires, les connaissances traditionnelles et les modes de vie durables. Si les communautés présents à la COP ont reconnu les mesures prises pour renforcer leur engagement, ils ont réitéré les défis persistants pour parvenir à une représentation efficace dans le cadre de la CCNUCC, en particulier pour établir un espace officiel permettant la participation autonome des communautés locales à la Convention et à ses organes.  

Leurs cinq revendications étaient les suivantes : 

  1. Reconnaissance officielle du GFLCCC en tant qu’interlocuteur légitime de la CCNUCC.
  2. La création de canaux officiels de communication directe entre le GFLCCC, la présidence de la COP, le Secrétariat et la Plateforme des communautés locales et des peuples autochtones (LCIPP) des Nations unies.
  3. L’inclusion immédiate du GFLCCC dans le dialogue mandaté par la décision 14/CP.29 de la COP29 à Bakou, sur la participation des communautés locales.
  4. Activation des trois sièges attribués aux communautés locales au sein du groupe de travail de facilitation de la LCIPP, avec desleadersnommés exclusivement par le Forum/Caucus à l’issue d’un processus d’auto-nomination. 
  5. Soutien visant à garantir une représentation efficace des communautés locales du Sudglobal, en surmontant les obstacles financiers, linguistiques et de mobilité.
Cécile Bibiane Ndjebet, présidente et fondatrice du REFACOF, prend la parole lors de l’événement parallèle « Les communautés locales et leur articulation mondiale en tant que titulaires de droits », organisé dans le cadre de la COP30. Crédits : Lucas Wasson pour l’Initiative des droits et ressources, 2025. 

« Nous sommes venus à Belém dans l’espoir que les négociations de la COP30 conduisent à une mise en avant et à une reconnaissance plus larges des communautés locales, y compris la représentation et le respect de nos contributions à la protection, à la conservation et à la gestion de l’environnement, » a déclaré Bharati Pathakconseillère exécutive du Réseau pour les droits des femmes et les ressources (WRRN) au Népal et ancienne présidente de la Fédération des groupes d’utilisateurs des forêts communautaires du Népal (FECOFUN). 

« Les communautés locales se battent depuis longtemps pour avoir leur place à la table des négociations sur le climat, malgré leur contribution profonde au maintien des écosystèmes mondiaux, » a déclaré Solange Bandiaky-Badjiprésidente et coordinatrice de RRI. « La COP30 ouvre une fenêtre, mais pas encore la porte à leur pleine participation, à leur financement direct et à une protection renforcée des territoires qu’elles gèrent depuis des générations. » 

Des femmes au Libéria se réunissent devant une salle communautaire. Crédit: Initiative des droits et ressources, 2012. 

À propos du Forum mondial des communautés locales sur le changement climatique (GFLCCC) 

Le GFLCCC vise à établir un espace politique permanent, pluriel, auto-organisé et autonome pour la coordination des communautés locales au niveau mondial. Il s’inspire d’expériences réussies telles que le Forum des peuples autochtones sur le changement climatique et le Mécanisme de la société civile de la FAO, et s’appuie sur les procédures officielles de la CCNUCC pour la reconnaissance des « groupes informels d’ONG, » une première étape vers une future reconnaissance en tant que groupe constituant. 

Le GFLCCC rassemble des organisations telles que REFACOF, FECOFUN, Rede Cerrado, Utz Che’, Red MOCAF, Green Foundation Nepal et WRRN, parmi beaucoup d’autres. 


 

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